Vivre le sacrement de la réconciliation pendant la pandémie

1er avril 2020

La situation exceptionnelle de pandémie du coronavirus empêche de recevoir l’absolution sacramentelle. Mais il est possible et bon de vivre un chemin de contrition et de demande de pardon à Dieu avec, pour les fautes graves, « la ferme résolution de recourir le plus tôt possible à la confession sacramentelle », afin de recevoir effectivement le pardon de ses péchés.

Le confinement prive les catholiques de la possibilité habituelle de se confesser en ce temps de conversion qu’est le Carême.
Dans son homélie de la messe du vendredi 20 mars à la chapelle Sainte Marthe, le pape François lui même s’est fait l’écho de cette difficulté à pouvoir vivre la confession sacramentelle.
Le pape François rappelle en effet que « le Carême est toujours centré sur cette conversion du cœur qui, dans l’habitude chrétienne, prend forme dans le sacrement de la Confession. Il est temps – pas de « régler les comptes », je n’aime pas cette expression – mais de laisser Dieu nous blanchir, nous purifier, nous embrasser ». Mais que faire lorsque cette bonne habitude chrétienne n’est plus possible, en ce moment quand on ne peut quitter sa maison pour trouver un prêtre et qu’il ne peut pas non plus venir chez soi ?
La réponse du Pape est claire. Évoquant ce que chacun peut lire dans le Catéchisme de l’Église Catholique : «  Si tu ne trouves pas un prêtre pour te confesser, parle à Dieu, il est ton père, et dis-lui la vérité : « Seigneur, j’ai fait ceci, cela, cela … Pardonne-moi », et demande-lui pardon de tout mon cœur, avec l’Acte de contrition et promets-lui : « Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant ». Et immédiatement, vous reviendrez à la grâce de Dieu. Vous pouvez vous-même approcher, comme le Catéchisme nous l’enseigne, le pardon de Dieu sans avoir un prêtre à portée de main. Pensez-y : c’est le moment ! Et c’est le bon moment, le moment opportun. Un acte douloureux bien fait, mais qui fera que notre âme deviendra blanche comme neige ».
Le pape fait ici allusion notamment au numéro 1484 du Catéchisme. Celui-ci indique que « la confession individuelle et intégrale suivie de l’absolution demeure le seul mode ordinaire par lequel les fidèles se réconcilient avec Dieu et l’Église ». Ce mode correspond à la bonne « habitude chrétienne » dont parle le pape. Mais le catéchisme précise : « sauf si une impossibilité physique ou morale dispense d’une telle confession ». Aux yeux du pape, si aucune rencontre personnelle avec un prêtre n’est possible, les conditions actuelles de confinement « dispensent » donc du mode ordinaire. Mais on lit aussi dans l’homélie que, pour bien vivre cette dispense, il convient de se donner les moyens d’un vrai dialogue avec le Seigneur pour lui demander pardon et lui promettre d’aller se confesser plus tard.

Ni par Internet, ni par téléphone…

« Comme tous les sacrements, la pénitence est une action liturgique », précise le Catéchisme peu avant le numéro 1484. C’est la raison pour laquelle il n’est pas possible de se confesser par Internet ou téléphone. Peut-être cette privation peut-elle aider à redécouvrir que la vie de baptisé réconcilié « se réalise de multiples façons » : « en communiant par sa patience aux souffrances du Christ », « en accomplissant des œuvres de miséricorde et de charité », « en se convertissant chaque jour davantage », etc… selon le Rituel du sacrement de la pénitence et de la réconciliation (n. 8). En ayant cependant toujours la ferme volonté de se confesser dès que cela sera possible.

Cependant, si certains éprouvent le besoin de parler, il est bien sûr possible d’appeler le prêtre de sa paroisse pour avoir des nouvelles et échanger avec lui. Et comme il n’est pas toujours disponible, certains diocèses sont en train de mettre des numéros d’appel pour permettre de tels dialogues. Mais gardons au cœur la possibilité rappelée par le pape dans son homélie et parlons à Dieu !

De même dans certaines paroisses, l’église est ouverte, les chrétiens peuvent y venir prier et éventuellement, si un paroissien souhaite vraiment se confesser, il peut téléphoner à son curé, prendre rendez-vous avec lui dans l’église. Il pourra alors se confesser dans la sacristie tout en respectant la distanciation demandée pour le bien commun de tous.